Les rencontres du handicap psychique
en Ille et Vilaine du 27 avril 2010

La continuité des soins : enjeux et organisation
La sectorisation et le rôle des divers acteurs du sanitaire, du médico-social et du social dans la continuité des soins

A la Maison de la Famille à Saint Malo


Problématique

En psychiatrie, les soins aux personnes avec une maladie mentale sont assurés selon diverses modalités : la prise de distance par rapport à un quotidien envahissant, dans le cadre d’une hospitalisation ; dans les CMP ou à l’hôpital, les entretiens avec les médecins, psychologues et infirmiers, parfois dans des démarches psychothérapeutiques ; la participation à des groupes de parole ainsi qu’à des activités en hôpital de jour ou en CATTP ; les visites à domicile ; les traitements médicamenteux ; la participation à la vie collective dans des centres de post-cures ou des résidences thérapeutiques, etc.

Ces modes d’intervention propres à la psychiatrie sont complétés par des dispositifs et interventions qui se sont diversifiés au cours des dernières années dans le secteur médico-social : foyers de vie, maison d’accueil spécialisé (MAS) ; foyers d’accueil médicalisé (FAM), ESAT, service d’accompagnement à la vie sociale (SAVS), etc. Mais nombre d’autres acteurs sont également partie prenante de l’accompagnement des personnes avec des troubles mentaux, qu’elles soient reconnues administrativement avec un « handicap psychique » ou non : ceux du social (CHRS, Maisons relais et divers foyers, services de tutelle, service d’insertion, protection de l’enfance, service départemental d’action sociale, etc.), ceux du champ de l’habitat (bailleurs sociaux, mesures d’ASLL, service d’hygiène des villes...), mais aussi les professionnels libéraux (médecins, psychiatres, psychologues, psychanalystes...) ou les GEM, etc.

On observe donc plusieurs évolutions parallèles : d’une part, celle de la psychiatrie, qui a connu une baisse de ses capacités d’hospitalisation à temps plein mais a développé un maillage des territoires par la création de CMP et CATTP ; d’autre part celle du social et du médico-social, qui se diversifie, mais dont les professionnels se trouvent parfois pris de court par l’arrivée en nombre de personnes souffrant de graves troubles psychiques ; et enfin des mutations sociologiques auxquels répondent les nouveaux droits des usagers et des malades.

Les questions de continuité des soins et de collaboration entre professionnels des différentes institutions et services se posent donc de façon nouvelle.

D’une part, la continuité des soins s’inscrit dans le cadre d’une loi qui garantit à chacun la liberté de choix de ses modes de traitements, sauf cas de force majeure, explicitement prévus par les textes ; elle ne peut donc être vue uniquement sous l’angle de la contrainte au suivi de traitements médicamenteux, d’autant plus que nombre d’usagers savent, d’expérience, qu’ils n’ont pas toujours que des effets bénéfiques.

D’autre part, les évolutions des structures de la psychiatrie, du social et du médico-social conduisent à de nombreuses interventions complémentaires sur des situations, que l’on peut regarder au travers des notions de parcours de la personne ou de logique de territoire (celui des secteurs de la psychiatrie ou d’autres : agglomérations, pays, etc.).

Les points que nous proposons au débat lors de cette rencontre portent alors sur ces évolutions, sur les moyens et modalités de travail dont disposent les professionnels pour intervenir à la fois au sein de leurs services et institutions et dans le travail partenarial avec d’autres : comment s’articulent les relais et les complémentarités entre la psychiatrie et les structures sociales et médico-sociales, à l’heure où un nombre croissant de patients sont orientés vers celles-ci ? Comment d’autres acteurs peuvent-ils contribuer à certains accompagnements ? Comment dépasser les échanges informels et les collaborations ponctuelles, tout en respectant les modalités spécifiques d’intervention de chaque institution, ainsi que le cadre déontologique des professionnels qui les composent ?



Animation de la rencontre : Jean-Yves BROUDIC, CREAI de Bretagne

Avec les interventions de :
- Madame JACQUEMIN, Comité local de santé mentale de St Malo
- Dr PY, psychiatre, St Malo et Aurélie LE BRETON, assistante sociale
Et la participation de : :
- Des membres de l’équipe du Dr PY,
- André LE FLOC’H, SAVS l’Estran (APASE), St Malo,
- Sylvie VIROLLE, ATI St Malo,
- Marie-Odile COTTIN, Directrice Générale et Guilaine REMEUR, Directrice des soins, ASSAD du Pays de Rennes,
- Yves BAUBION, UNAFAM